
FILMWALKER
Aussi loin que je me souvienne, rester assis fût ce que le monde attendait de moi. Cette posture d’abord imposé est devenu au fur et à mesure une attitude puis une méthode puis une technique. Le temps se dilatait de plus en plus, je ne faisais plus la différence entre le jour et la nuit, je ne faisait plus de différence entre les rêves et la réalité.
Un jour, alors que le soleil se levait une énième fois sur les fines parois vitrées de la fenêtre de ma chambre, je découvris par l’analyse rigoureuse des rayons lumineux du soleil levant et ce, jusqu’a l’épuisement physique et mentale. Je fis l’expérience de la béatitude.
Je reproduisis cette technique encore et encore, j’expérimentais alors le présent. Assis sur ma chaise, face à la violence de mon quotidien je cherchais l’abstraction et la poésie de ce qui était caché.
Je découvris ainsi, que dans tout moment, à chaque instant, tout objets et dans chaque événement se cachait à mes yeux embrumés une singularité poétique, complexe et lumineuse.
La chaise est devenu un trépied, mes yeux une caméra, un appareil photo, un crayon.
Je considère mon travail comme une collection de portraits, filmés, photographiés ou écrits, d’environnements et de paysages. J’aime particulièrement rendre compte d’un paysage qui se raconte par lui même et dont j’organise sa topographie à l’aide de ma caméra, de mon micro ou de mon appareil photo. J’ai été initié avant tout par la performance, code que je continue à utiliser comme processus de création d’un film ou d’un poème par exemple. J’écris une note d’intention, un mot parfois suffit. Je tire une carte et je trace un chemin, ces outils sont mes points de départs.
C’est ensuite sur le lieu de tournage que tout se fait, je ne fais jamais de repérage, je découvre les environnements et les espace en même temps que je les cadres, l’inverse est possible. Je me laisse aller à la surprise, à l’accident, d’abord à l’improvisation. Je délimite mes recherches par des règles du jeux, des points de repères temporels ou spatiales. Je part d’un point et je vais le plus loin possible.
Le résultat de mes travaux sont un quasi filmé-monté pour qu’ils soit au plus proche de l’expérience performatif. Il est important pour moi de rendre compte d’un déplacement, d’un chemin, d’un route ou d’un trajectoire comme pour signifier le processus créatif, physique et spirituel que sont mes travaux et mes expérimentations.